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Georges Beliaeff Auteur

Georges Beliaeff Auteur

Actualités littéraires de Georges Beliaeff : Roman - Les Bâtisseurs de Bonheur, Au plus près des Infinis, Opération Carrying, Montbard recueil Historique.

QUAND LA REALITE ET LA FICTION SE REJOIGNENT

L'année 2020 est marquée par une épidémie massive de Coronavirus qui s'est répandue sur l'ensemble de notre planète. Il est plus que probable que cette épidémie s'accompagne de difficultés économiques majeures. Dans le roman Les Bâtisseurs de Bonheur, j'avais envisagé un scénario économique similaire et des idées pour relancer l'économie en tentant de la rendre imperméable aux tempêtes financières qui ont à plusieurs reprises ébranlé la planète.

Voici un scénario possible :

 

Intégralité du discours du président Robert Honeck le douze juin 2030

Mes chers compatriotes,

Ces derniers mois ont été très éprouvants et nombre d’entre nous ont perdu leur patrimoine ou leur emploi, parfois les deux et de façon brutale. Chacun de vous a été touché directement ou indirectement par la catastrophe qui a plongé notre pays dans le chaos. Je comprends votre inquiétude, je comprends votre colère, et je veux que vous sachiez que vos dirigeants et moi-même faisons tout ce qui est en notre possible pour rétablir la situation.

Nous traversons actuellement une des plus graves crises que notre civilisation ait jamais connues. Le système bancaire a été atteint et n’est plus en mesure de remplir son rôle de régulateur et de facilitateur de l’économie. La Bourse est devenue folle, aussi j’ai pris la décision de maintenir les cotations suspendues jusqu’à nouvel ordre pour éviter que cette folie, amplifiée par un système et des gens complètement irresponsables, n’entraine la chute et la ruine de notre pays. Lorsque nous serons sortis de cette situation délicate, les responsables de ce chaos seront traduits devant les tribunaux et punis avec toute la fermeté nécessaire.

Mais ce temps n’est pas encore arrivé. Pour l’heure, nous devons nous employer à remettre notre pays et son économie sur les rails. Je fais donc appel à votre civisme pour accepter les mesures que nous allons vous proposer et à votre ingéniosité pour nous aider à trouver et mettre en œuvre les plans d’action qui permettront de redresser la barre et d’éviter que ce qui vient de se passer ne se reproduise.

Je vous annonce donc les mesures suivantes que je prends par décret et qui seront mises en œuvre immédiatement :

  • Premièrement : chaque Français de nationalité, ou résident présent officiellement sur le territoire depuis au moins cinq ans, percevra une indemnité de neuf-cents euros mensuellement, sans condition de ressources. Cette somme sera réduite de moitié pour les mineurs de moins de dix-huit ans. Le premier versement interviendra fin juillet afin de laisser aux services de l’État le temps de mettre en place de cette mesure. Cette allocation vient en remplacement des aides sociales qui existent actuellement et pourra se cumuler avec les revenus du travail. Pour celles et ceux qui touchent des prestations sociales dont le montant cumulé est supérieur à neuf-cents euros, ils continueront à percevoir la part excédentaire pendant une période de six mois à compter de juillet prochain. Cette disposition ne concerne pas les régimes de pensions dont la part excédentaire restera acquise. Comme il s’agit là d’une aide financière accordée par l’État et destinée principalement à venir en aide aux personnes en difficulté, et soutenir avec cela notre économie, il sera interdit de placer cet argent ou de l’expédier hors de nos frontières. Tout contrevenant à ces règles s’exposera, outre la suppression de la prestation pour lui-même et les membres de son foyer, à de très lourdes sanctions. Celles et ceux qui sont contre le principe qui vient d’être exposé auront la possibilité soit de renoncer au bénéfice de cette allocation, soit de la reverser à une œuvre caritative. Ils conserveront la possibilité d’en demander à nouveau le versement s’ils le désirent.
  • Deuxièmement : l’État français s’engage à garantir l’épargne individuelle à concurrence d’un maximum de cent-mille euros. Ces sommes continuent de rester bloquées dans les établissements détenteurs pour éviter les ruées et la ruine du système bancaire. Les épargnants auront toutefois la possibilité de retirer mensuellement jusqu’à trois pour cent de la valeur de leur épargne, plafonnés à deux-mille-cent euros, pour faire face à leurs besoins. Les ex-clients du Crédit Marseillais, qui a fait faillite dernièrement, sont également concernés par cette mesure et les services de l’État vous communiqueront les modalités de récupérations des fonds couverts par ce décret.
  • Troisièmement : le régime du salariat est modifié. En contrepartie de l’allocation versée, chaque Français aura obligation de donner une journée de son temps à la collectivité, ce qui permettra de réduire le besoin financier local adossé à l’impôt, tout en conservant un niveau de service à la population identique. Les réfractaires à cette mesure verront également leur allocation suspendue, ou supprimée. Des dérogations pourront être accordées au cas par cas, suivant une nomenclature bien définie, pour les personnes malades ou invalides, par exemple. À compter du premier juin, les salaires seront calculés à la journée et les journées non travaillées ne seront pas payées. Ces dispositions concernent également les serviteurs de l’état, à l’exception de l’armée et la police.
  • Quatrièmement : Les caisses de chômage, de retraites et, d’une façon générale, tous les organismes dispensant des aides sociales sont dissolus. Les aides de toutes sortes qui pouvaient être accordées jusque-là disparaissent également. Les avoirs des organismes fermés et les cotisations associées seront donc directement versés au budget de l’État via le Trésor public. Toutefois, les acquis individuels au titre des cotisations retraite continueront d’être délivrés par majoration de la prime précédemment évoquée dont le montant relève significativement le minimum vieillesse. À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Aussi, comme ce fut le cas à l’issue de la Première Guerre mondiale au vingtième siècle, les revenus issus des capitaux seront taxés à hauteur de quatre-vingt-quinze pour cent à titre de participation à la réparation du désordre dont ces derniers sont à l’origine, et je préfère avertir tout de suite ceux qui seraient tentés de quitter le pays pour des raisons fiscales qu’ils auront interdiction, ainsi que tout ce qui les concerne, produits manufacturés notamment ou services, de pénétrer sur le territoire national, et ce, de façon définitive. Ils resteront redevables indéfiniment des sommes au paiement desquelles ils essayent de se soustraire. Les États-Unis d’Amérique ont déjà pris des dispositions similaires il y a quelque temps.

La France a déjà connu de nombreuses crises dans son histoire. Elle a courbé l’échine sous le joug, les pressions de dictatures ou les guerres, mais elle n’a jamais baissé les bras et s’est toujours relevée des épreuves qui lui étaient imposées, parfois meurtrie dans sa chair et dans ce qui lui était le plus cher et le plus intime. La France a toujours su triompher des épreuves. Alors, ne nous laissons pas aller au catastrophisme ambiant. Relevons la tête et montrons au monde que nous savons faire face et que nous avons la capacité à nous relever, et à reprendre en main notre destin.

Nombre d’entre vous réclamaient le changement lors des dernières élections présidentielles ? Le moment est venu pour le faire. Ne prenons pas les épreuves qui se présentent à nous comme une fatalité, mais plutôt comme l’opportunité de pouvoir remodeler notre pays et la société dans laquelle nous vivons. Votre gouvernement a fait les efforts nécessaires pour que le pays ne sombre pas dans le chaos, mais la partie est loin d’être gagnée. Aussi, je demande à chacune et chacun d’entre vous de vous associer à notre action, car le gouvernement ne pourra y arriver seul. Je fais appel à votre engagement, votre courage et votre civisme pour que nous trouvions et mettions en place ensemble des solutions qui nous permettront de sortir de cette mauvaise passe.

Nous devrons certainement revoir de fond en comble les mécanismes économiques, les règles du vivre ensemble et les valeurs fondamentales de notre société, et appliquer ces nouvelles règles qui nous feront sortir de la crise, car, je le martèle devant vous : NOUS… ALLONS… SORTIR… VICTORIEUX… DE… CETTE… CRISE. Le mal est profond, mais la tâche n’est pas impossible. Mon gouvernement prendra toutes les dispositions pour permettre à vos idées d’émerger sans être immédiatement étouffées par la réglementation, la paperasse ou les interdictions. Mon engagement comme président, ainsi que celui de vos ministres, n’est pas de sauver financièrement les gens qui sont à l’origine du problème, mais de vous préserver, vous, face à ces requins qui n’hésitent pas à se dévorer entre eux. Aussi, le gouvernement veillera à ce que pareille situation ne puisse se reproduire, même si cela doit s’accompagner de mesures très fermes à l’égard des responsables des dérives qui nous ont conduites au bord du précipice, responsables qui n’hésiteraient d’ailleurs pas une seconde à vous jeter dedans pour sauver leur peau.

Voilà, je pense que le gouvernement et moi-même avons pris une part active pour sauver le pays. Mais c’est vous, dans les villes, dans les campagnes, dans les entreprises, dans les associations, qui écrirez les prochaines pages de notre futur. Les serviteurs de l’état viendront se joindre à vous pour faire avancer vos propositions et vos projets. Nous allons devoir apprendre à travailler ensemble et je compte sur vos élus pour faciliter l’adaptation du cadre réglementaire qui sera parfois nécessaire. Nous saurons récompenser les talents, mais aussi débusquer les tire-au-flanc pour les remettre sur le chemin.

Quant à moi, afin de ne pas trop influer sur vos projets, je restreindrai mon action à la politique extérieure et à la défense de notre nation qui, elles, ne sont pas négociables. Pour le reste, je me réserve la possibilité de participer à vos travaux en tant que simple citoyen, car j’ai aussi des idées et je compte bien en voir aboutir quelques-unes, il sourit, sans avoir à endosser mon habit de Président.

Grâce à vos actions, grâce à vos succès, non seulement nous montrerons notre capacité à nous relever, mais nous pourrons aussi montrer au reste du monde qui, je n’en doute pas, travaille dans une direction similaire à la nôtre, que rien n’est impossible aux personnes de bonne volonté.

Mettons-nous immédiatement au travail pour atteindre cet objectif.

Vive la République, et vive la France.

COMPLEMENTS DONNES PAR LE PREMIER MINISTRE

– L’idée qui a été développée par le Président n’est pas nouvelle. Elle est issue des théories humanistes du dix-huitième siècle et il y a eu de nombreuses tentatives avortées pour mettre ce concept en œuvre dans les décennies passées. Cette fois-ci, nous avons estimé que ce serait un bon amortisseur pour minimiser les effets de la crise que nous traversons. Nous avons évalué son cout semestriel à deux-cent-soixante-dix-milliards d’euros. Pour le financer, nous allons procéder à la fusion de l’ensemble des prestations sociales d’un montant avoisinant les cent-milliards d’euros. Nous différerons partiellement le remboursement de nos engagements financiers, ce qui dégagera environ soixante-milliards. Une taxation de la richesse produite, possédée et la valeur locative des habitations, qui sera acquittée par chaque français, chaque entreprise et plus généralement toute personne sur notre territoire, nous rapportera soixante milliards supplémentaires. Une contribution sociale progressive sur l’ensemble des revenus ajoutera cinquante milliards. Ces chiffres seront ajustés et le dispositif réévalué après une première période de six mois.

 

Crédit Photo Pixabay

 

 

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